Diagnostic

Il fut un temps où une femme qui se plaignait de fatigue extrême et de douleur dans le haut du dos rentrait à la maison avec un diagnostic d’anxiété ou de ménopause et la consigne de se reposer. Cette situation évolue rapidement grâce à la reconnaissance croissante du fait que la maladie du cœur se manifeste d’une manière différente chez les femmes. De plus, il est souvent plus compliqué de poser un diagnostic chez les femmes, ce qui explique en partie le pourcentage plus élevé de crises cardiaques «silencieuses» chez ces dernières.

 

La connaissance des étapes qui mènent au diagnostic de maladie du cœur peut faciliter une évaluation rapide et précise de la patiente et le choix du traitement qui lui convient le mieux.

Examen

Pour évaluer la santé cardiaque d’un patient, les médecins disposent de plusieurs outils éprouvés, comme l’échelle de Framingham qui permet de calculer la probabilité de maladie cardiovasculaire d’un individu au cours des 10 années à venir. Le degré de risque est fondé sur les critères suivants : âge, sexe, statut tabagique, tension artérielle, diabète, antécédents familiaux et taux de cholestérol. Les professionnels de la santé devraient toutefois tenir compte de plusieurs autres facteurs, y compris les antécédents médicaux et le mode de vie, les antécédents familiaux et les signes précurseurs de maladie du cœur ainsi que les autres affections.

Quelle que soit la forme de maladie du cœur de la patiente, son médecin procédera habituellement à son examen physique et l’interrogera sur ses antécédents médicaux personnels et familiaux avant de prescrire de quelconques examens. Le choix des tests à réaliser pour établir un diagnostic de maladie du cœur dépend des soupçons du médecin sur la nature de la cardiopathie. L’équipe médicale effectuera également diverses mesures – tension artérielle, poids, composition corporelle, entre autres. Si votre médecin de famille suspecte la présence d’une maladie du cœur, il vous orientera vers un cardiologue ou vous prescrira des épreuves diagnostiques.

En matière de diagnostic, l’approche courante consiste à rechercher des obstructions qui limitent l’apport sanguin vers le cœur. Or, le risque d’obstruction est inférieur chez les femmes, et l’on observe plus souvent un mauvais fonctionnement des vaisseaux sanguins; lorsque les artères et les capillaires ne fonctionnent pas normalement, cela entraîne une diminution de l’apport sanguin vers le cœur. Le fait d’insister sur la recherche d’obstructions peut entraîner une erreur de diagnostic chez certaines femmes. Par conséquent, il est nécessaire de revoir les lignes directrices entourant le diagnostic de la maladie du cœur pour que les médecins élargissent leur investigation. 

Épreuves diagnostiques

De nombreux examens sont utilisés pour établir le diagnostic de maladie du cœur – de l’épreuve d’effort sur tapis roulant aux techniques sophistiquées d’imagerie nucléaire. Votre médecin ou votre cardiologue déterminera quels sont les tests les plus pertinents pour vous en tenant compte du fait que certains examens sont moins précis chez les femmes.

Un des tests diagnostiques les plus efficaces et les plus rentables est l’épreuve d’effort sur tapis roulant. Pour observer le fonctionnement du système cardiovasculaire, les médecins praticiens fixent des électrodes sur le torse du patient, puis lui demande de marcher sur un tapis roulant. La surveillance de la tension artérielle, de la respiration et d’autres données permet d’évaluer la façon dont le cœur réagit au stress causé par une demande accrue de sang.

Or, chez un nombre important de femmes, les résultats de l’épreuve d’effort sur tapis roulant manquent de clarté. Chez les femmes jeunes, il semble que les fluctuations hormonales compliquent l’interprétation des résultats, alors que chez les femmes plus âgées – le groupe qui présente le plus fort risque de maladie du cœur –, la mauvaise condition physique constitue parfois un obstacle à la réalisation de l’épreuve. Les données de recherche indiquent que pour une précision accrue, il serait possible d’associer l’épreuve d’effort à un test d’imagerie.